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ACTUALITESgArticle n°404.1g10:01g09/04/06gEditeur : GOG
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Libre propos : La censure

Faites les taire ! Dispar-être, même !

Ca n'a l'air de rien, comme ça, mais doucement, loin des tumultes des JT nationaux, il s'en passe de pas très belles. Les vieilles combines détestables ne disparaissent pas si facilement. Elles sont toujours aussi présentes, et se renforcent toujours dans les moments de vacance du pouvoir politique sénile qui s'acharne à vouloir nous faire toutEs sombrer avec lui, dans son gouffre d'orgueil.

Cà, c'est un site ami d'informations (info-impartiale) qui est victime d'une sale manœuvre pour le faire taire. Les nazis brûlaient les livres, les éphémères maires d'obédiences frontales ou très nationales fermaient les bibliothèques, les musées, coupaient les vivres des associations culturelles (1), et maintenant les sales petits apprentis nazillons imitent leurs aînés en utilisant les mêmes méthodes de lâches. Tout est bon pour éviter aux électeurs d'être informés, de réfléchir en dehors des sentiers balisés, de soumettre leur vision du monde à autre chose que l'habituelle avidité dans laquelle "on" voudrait toutEs nous faire baigner, juste après le liquide amniotique, garantissant ainsi la course folle et morbide vers un "bonheur" égoïste, car nous ne valons rien.



Ailleurs, c'est un poète et hébergeur qui est condamné, d'abord à une amende puis à fermer son site. Et le pourquoi de cette condamnation est grotesque, digne d'une République bananière, donc de la nôtre, vu les interprétations de la Loi de la République par un trio en voie de décomposition rapide.

Tentative d'explication :
1- Au début, il y a l'affaire Brice Petit, qui "ose" demander très respectueusement à des agents de la force publique de ne pas battre un homme à terre. Un acte courageux en ces temps de totale liberté pour les forces de l'ordre. Résultat, Brice Petit est bien entendu embarqué, menotté, et gardé à vue (on ne sait jamais, il pourrait écrire) pendant plus de 12 heures. Mais ce n'est pas tout, vous imaginez bien que les forces de l'ordre ne vont pas en rester là, sinon, c'est la porte ouverte à tous les abus, et les citoyens risqueraient d'intervenir plus souvent en cas d'interpellation, par les forces de l'ordre, et s'opposer à ce que ces mêmes forces frappent un homme à terre.

Donc, Brice Petit doit aussi répondre d'une plainte de la part de 3 agents pour "outrage". Non seulement il demande respectueusement de cesser de battre un homme à terre, mais en plus il "outrage" les personnes dérangées dans la pratique de leur métier. A se demander comment sont formés ces forces de l'ordre ?

2- Après cette expérimentation en direct des bizarreries musclées du maintien de l'ordre, Brice Petit relate ce qui lui est arrivé, dans un texte qui circule sur internet, et qui est repris par nombre de sites. Ne cherchez pas dans votre mémoire des JT nationaux, cela a peut-être été relaté, mais selon le dogme des JT.

3- Dans ce texte, Brice Petit relate tout (2). Ce qui fait la différence d'avec un "prévenu" ordinaire, style jeune de banlieue (et publiquement désigné sous le vocable de "racaille" par un avide du pouvoir), c'est la qualité de Brice Petit, il est agrégé de lettres, connu dans le milieu de la littérature, respecté en tant qu'écrivain, et les témoins directs de la scène au cours de laquelle il demande respectueusement aux agents de cesser de battre un homme à terre infirment la version policière à base d'"outrage", c'est-à-dire d'insultes. Brice Petit sait parler, demander, utiliser les mots justes, sans avoir le besoin de recourir à l'insulte ou l'outrage.

4- Brice Petit est finalement relaxé de l'accusation d'outrage. Fin de la première partie.

5- l'un des hébergeurs de la lettre de Brice Petit, Jean-Michel Maulpoix (3) est lui, condamné pour diffamation. Mais alors, si Brice petit est relaxé, c'est donc que dans sa lettre, il ne diffamait pas, et donc l'hébergeur non plus.

Tout cela ne prête pas du tout à rire. Tout cela se rapproche à grand pas d'une société de haine. Voyez comment les jeunes manifestants sont actuellement condamnés. "On" voudrait créer davantage de troubles qu'"on" ne s'y prendrait pas autrement.


Voici un extrait d'un courrier de Brice petit, dans la période qui précédait son procès. Ami, ne tombe pas dans les griffes de cette justice là.

Extrait d’un message privé de Brice Petit, reçu quelques heures avant son hospitalisation : ce texte n’était pas destiné à communication publique

Le délibéré du procès du 9 juin 2005 a été rendu le 31 août dernier. Le verdict a de quoi laisser perplexe toute personne sensible à la cohérence du vrai et du juste : je suis relaxé pour l’affaire d’outrage ; en revanche, Jean-Michel Maulpoix et moi-même sommes condamnés chacun à 3000 euros d’amende pour diffamation. Je n’ai donc, selon toute vraisemblance, pas outragé les policiers mais je dois verser 500 euros à chaque plaignant, 1000 euros au ministère public, 500 euros à la justice pour frais de procédure.
[...]
Je dois dire mon dégoût et mon épuisement physique et moral. 16 mois de cette lutte stupide m’ont sérieusement délabré. Et comment enseigner dans de telles conditions ?
[...]
Voilà l’état de notre justice et de notre république. J’ai pu compter un temps sur près de 6000 euros d’aides venues de part et d’autre : de ma famille, d’amis, de citoyens, de collègues, de poètes...
[...]
« On va t’apprendre à fermer ta gueule ! » m’avait si courageusement menacé un policier dans les caves obscènes de la garde à vue. Je comprends maintenant de quoi son propos était gros...
[...]
Tout ce que nos maîtres en littérature, en philosophie, nous enseignent, tout cela ne nous protège de rien dans cet Etat que l’on peut bien appeler d’exception. Car, finalement, être condamné pour diffamation parce que l’on croit juste de rapporter fidèlement ce que l’on a vécu en compagnie de la police nationale 12 heures durant, qu’est-ce d’autre qu’un déni pur et simple de la liberté d’expression ? Que vaut donc notre vie, et l’expérience que l’on en fait, s’il est interdit de la raconter telle quelle, du moment qu’elle a frôlé de près ou de loin les intouchables de la république ? Que je me taise, voilà ce qu’on m’impose en haut lieu. En bref : « que je ne sois plus ».
Je me tourne donc à nouveau, pour continuer d’être, vers chacun, j’attends impatiemment votre soutien.
Brice Petit


Extrait publié sur le blog/journal de François Bon.

(1) Subsides qui continuent de l'être, d'ailleurs, pas plus tard qu'à l'automne dernier, et par un gouvernement issu d'élections plébiscitaires (sic). Si les banlieues ont bougé de cette manière, c'est aussi par manque d'air dans les associations, manque de soutien, de moyens, d'espaces pour vivre moins mal, survivre. Je n'oublie pas le climat installé par les provocations verbales d'un ministre, et la mort de 2 jeunes de retour d'un entraînement de foot. Et si les contrôles de police se déroulent selon le mode opératoire qui n'exclu pas de jeter à terre et de battre, alors je comprends d'autant mieux la trouille de se faire contrôler.

(2) Lisez plus particulièrement le texte : Cliquer

(3) tout le dossier est visible sur le site : Cliquer

Vous pouvez aussi écouter l'émission de ce 21 mars, sur France-Culture :Cliquer

Edité par GOG, le 09/04/06 à 20:49


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