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| ACTUALITESgArticle n°546.1g28/03/09g19:21gEditeur : Le Messager Commenter l'article: 546 g 7 commentaire(s) g Lire les commentaires
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Economie
| LA CRISE, par JeanG Salut à toutes et tous,
Lorsqu’on
constate l’étendue de la crise mondiale, on ne peut s’empêcher de penser que le “marché” n’a pas
joué le rôle de régulateur qu’il était censé assumer. Le moins que l’on puisse dire est que
la fameuse “main invisible du marché” s’est montrée inefficace ! En plus
d’être invisible, cette main serait-elle aveugle ? (cela rappelle une histoire de collision de sous
marins nucléaires, ça).
Il n’est pas question de remettre en
cause l’économie de marché qui existe depuis que les premiers hommes ont pratiqué des échanges,
lorsque des hommes préhistoriques échangeaient une pointe de sagaie contre un cuissot d’urus, il
s’agissait déjà d’un “marché” ! Mais, au moment où tous les mots sont
systématiquement détournés de leur sens, être favorable à l’économie de marché ne signifie plus que
l’on souhaite que des hommes puissent équitablement échanger des biens et des services, cela
signifie que l’on considère que le marché doit, seul, diriger l’économie et, au delà, qu’il doit
diriger la société. Aujourd’hui, “l’économie de marché” ne saurait qu’être libérale !… Libérale au
sens actuel du terme, plus au sens (opposé) que lui donnaient les lumières. Et cela constituerait
une grave atteinte à la démocratie.
C’est pourtant ce système
qui s’est imposé dans le monde entier depuis les années 80 ; plus exactement c’est le système que
nous ont imposé nos élites politiques, après s’être faites élire sur de tous autres programmes. Si
au moins, c’était efficace ! Si cela permettait à la société, même pas démocratique, de fonctionner
harmonieusement et sans crise pour le bien de tous. Mais, il est possible, à la lumière de cette
crise et des nombreuses crises qui l’ont précédées, de constater l’incurie de ce système. Les
crises n’ont jamais été anticipées et les solutions mises en place ne visaient qu’à perpétuer le
système sans tenter de remédier aux causes.
Dans la crise actuelle :
Que n’a-t-elle pas vu venir cette “main invisible du marché” ?
À l’origine du déclenchement de la crise actuelle,
il y a eu les subprimes. La consommation ralentissant, on a eu l’idée géniale de permettre à ceux
qui n’en avaient pas les moyens, de consommer en s’endettant. Il n’est venu à l’idée de personne
que, puisque l’économie ralentissait parce que le plus grand nombre ne recevait pas une part
suffisante de la richesse (toujours plus importante) produite, la solution consistait peut être à
promouvoir un partage plus équitable. Les banquiers leur ont donc accordé des prêts, à taux
d’intérêt majoré (subprimes) puisqu’ils étaient à risque, et, effectivement la croissance est
repartie.
Seulement voilà ! ceux qui n’avaient pas les moyens de
consommer, n’avaient pas, non plus, les moyens pour rembourser leurs emprunts (surtout avec des
taux prohibitifs). Cela, les banques le savaient mais, qu’à cela ne tienne, elles comptaient bien
récupérer à vil prix les maisons qu’ils ne pourraient plus payer et, les revendre plus cher puisque
les prix de l’immobilier ne cessaient de grimper. C’était une sorte de système pyramidal qui ne
pouvait fonctionner qu’avec une augmentation permanente des prix et du nombre de souscripteurs. Ce
genre de système pyramidal est théoriquement interdit, parce que ça se casse obligatoirement la
gueule ! mais, avec Madoff on a vu que c’était parfaitement faisable, en tout cas aux
États-Unis.
En France, ce n’est pas faisable, le système
bancaire français était donc protégé. Mais les banques françaises ont racheté ce genre de créances
très rentable dans des fonds dont elles prétendent qu’elles ne savaient pas ce qu’il contenaient
(sont-ils vraiment aussi mauvais que ça, nos banquiers ?). Elles ont donc, elles aussi, subi
d’importantes pertes comme toutes les autres banques mondiales. Et, comme le système ne fonctionne
que sur la confiance accordée à la signature des banques, c’est tout le système libéral qui est en
train de s’effondrer !
Alléluia, pourrait-on dire !
Une justice immanente, en quelque sorte, venant sanctionner les spéculateurs coupables. Le problème
est que les coupables ne seront pas les seuls à pâtir, les travailleurs, seuls véritables
producteurs de richesse, souffrent déjà de la crise, en souffriront et, vont en souffrir de plus en
plus…. Beaucoup plus que les véritables responsables ; Madoff, par exemple, bien que “ruiné” ne
semble pas avoir eu de grandes difficultés pour trouver les 10 millions de dollars de sa caution.
(je gage que beaucoup aimeraient être ruiné ainsi)
Ceux
là mêmes qui récusent toute “ingérence de l’État” réclament à corps et à cri des aides financières
publiques. Oh ! pas pour eux bien sûr, mais pour éviter la faillite des petits épargnants. Nous
sommes priés de les croire !
Pour éviter que les innocents (déjà
victimes du système) ne souffrent trop, nous serions donc contraints de sauver le système. Et, cela
va nous coûter cher ! On peut douter que ce soit une impérieuse nécessité mais, admettons qu’il
faille vraiment sauver ce système économique Faut-il le sauver en totalité ? Tel qu’il est ?
Doit-on lui permettre de recréer les mêmes injustices, de renouveler les mêmes erreurs conduisant
inévitablement aux mêmes crises ? Doit-on renoncer à lui imposer des règles établies
démocratiquement ?
Face à un débordement qui inonde la maison, il ne sert pas à grande chose de
se contenter d’éponger l’eau si l’on n’a pas pris soin de fermer le robinet auparavant. De la même
façon, il semble préférable de corriger les causes de cette crise avant de tenter d’en pallier les
effets.
Quelle est la cause principale, première, de la crise
actuelle ?
En première
analyse, on aurait tendance à imputer aux banquiers la responsabilité de cette crise puisque à
l’origine, il y a eu la crise des subprimes. Les banquiers ayant accordé des prêts à des gens dont
ils savaient qu’ils ne pouvaient pas les rembourser : leur faute parait avérée, ainsi que celle de
ces autres banquiers qui ont souscrit à des fonds “pourris” dont ils ne pouvaient ignorer qu’ils
comportaient ce genre de dettes. Alors, si on doit absolument sauver ces banques, il faut le faire
tout en s’assurant par des contrôles rigoureux que ce genre de dérives ne puisse se
reproduire.
Mais, les banquiers sont-ils les seuls fautifs ?
Pourquoi ont-ils été si nombreux a commettre ce genre de faute ? Et surtout, l’effondrement des
subprimes s’il a été la première manifestation de la crise en est-il la cause ? Si on a décidé
d’accorder des prêts à des clients non solvables, c’est parce que il n’y avait pas suffisamment de
clients solvables. Non seulement pour emprunter mais surtout pour consommer et, qu’il fallait bien
soutenir la consommation. Pourtant, il n’y a jamais eu autant de richesses créées !
Si une économie de marché, dont la finalité est de favoriser les échanges de richesses,
ne permet pas aux producteurs d’échanger entre eux les richesses qu’ils ont produites, il semble
qu’elle manque à sa fonction ! Comment est-ce possible ? Ce n’est explicable que par le rôle que
joue la monnaie. Pourtant la monnaie est un instrument destiné, aussi, à faciliter les échanges !
c’est un “voile jeté sur les échanges”. Oui mais !… entre certaines mains (visibles ou pas) ce
voile peut devenir particulièrement opaque et, cette opacité peut dissimuler une captation d’une
partie de la richesse échangée. Si certains peuvent accumuler, en monnaie, une telle part de la
richesse produite qu’ils ne peuvent la consommer, alors, le système d’échanges se grippe. Le
problème initial est donc un mauvais partage des richesses produites.
Selon la théorie du libre marché ce partage devrait se faire de manière équitable
automatiquement
Les faits
montrent que cette théorie est fausse. Il est nécessaire qu’un arbitre veille à l’équité de ce
partage.
► Ce graphique
montre l’évolution, depuis 1949, du partage de la richesse produite selon les données de
l’INSEE.
Nul n’est besoin d’être un grand expert en
graphiques pour constater la très forte augmentation de la part consacrée à la rémunération du
capital. Cette part passe de 18,10% de la Valeur Ajoutée Brute en 1949 à 31,72% de la même VAB en
2007. Et, elle gagne sur tout (salaires et revenus mixtes) : Si entre 1949 et 1982 la rémunération
des travailleurs semble également augmenter c’est une illusion démographique ! durant cette
période, nombre de travailleurs indépendants sont devenus salariés, si la part des salaires semble
augmenter c’est parce que la proportion de salariés augmente.
Après 1982, c’est pire ! si la
proportions de salariés dans la population active continue d’augmenter (elle passe de 77,47% à
83,05% en 2006) la part des salaires commence par diminuer entre 82 et 89, pour à peu près se
stabiliser ensuite ; au total, elle passe de 63,27% à 57,60% de la VAB entre 1982 et 2007. (la
perte, 5,67 points, est moins importante que celle souvent avancée de 10 points mais, elle concerne
plus de monde).
Encore cela ne tient-il pas compte du fait que les chômeurs participent
également au partage de la rémunération des salariés, puisque leurs indemnités sont financées par
des cotisations sur les salaires. Les salariés et les chômeurs représentaient 84,66% de la
population active en 1982 et, 92,96% de cette même population active en 2006 (1) .
| Pour résumer : depuis 1982 une
proportion de plus en plus importante de la population active se partage une part de plus en plus
réduite de la richesse produite. Et, c’est le manque de pouvoir d’achat qui est à l’origine de la
crise actuelle. |
Il importe donc de
revenir à un partage plus équitable de la richesse produite
Comme on ne peut espérer que les nantis se
départissent eux-mêmes de leurs avantages, c’est à l’État d’arbitrer ce partage. Quoi qu’on en dise
c’est le rôle de l’État ! Gouverner c’est arbitrer entre des priorités et entre des intérêts. Et,
lorsque le gouvernement est démocratique, il doit arbitrer en fonction des vœux de la majorité tout
en protégeant les minorités. Même s’il est issu d’une consultation démocratique, un gouvernement
qui décide à l’encontre de la majorité des citoyens qui l’ont porté au pouvoir, ne peut être
qualifié de démocratique.
Est-il possible actuellement pour un
gouvernement d’arbitrer sur le partage des richesses ?
Dans le cadre d’un “marché ouvert où la concurrence est libre et non
faussée”, la réponse est clairement : NON ! Surtout lorsqu’on considère que le dumping social ou
fiscal ne sont pas de nature à fausser la concurrence. S‘il est possible de faire produire où l’on
veut, ce que l’on espère écouler en France ou en Europe, il est naturel, et obligatoire, de faire
produire où les prix de revient sont les plus bas et, le coût (le coût, pas le salaire net !) d’un
travailleur chinois est d’environ 2 Euro par jour.
Même s’il en avait la ferme
volonté, un gouvernement ne pourrait donc imposer aux entreprises françaises des règles qu’il
n’imposerait pas à leurs concurrentes étrangères. Un arbitre n‘applique pas des règles différentes
à des équipes jouant la même partie sur le même terrain ! Comme un État ne peut imposer de règles
hors de ses frontières, admettre “un marché ouvert où la concurrence est libre et non faussée”
revient donc, pour lui, à renoncer à imposer des règles chez lui. Il ne pourrait le faire que si
son marché intérieur était protégé.
| Résumons : un arbitrage de l’État sur le partage de la
richesse est indispensable mais, un État ne peut arbitrer dans le cadre d’un “marché ouvert où la
concurrence est libre et non faussée”. S’il désire réellement gouverner, un État, ou un groupement
d’États, doit donc réglementer son marché ou le protéger.
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Protéger son marché intérieur ou le
réglementer, est-ce du protectionnisme ?
Que l’on nomme cela comme on veut, c’est de toute façon la seule
possibilité pour vivre en démocratie avec des règles définies par la majorité et non par une
oligarchie financière. Cela est aussi valable pour un groupement d’États que pour un seul État.
L’autorité qui régit une zone de libre échange doit arbitrer en fonction de règles communes à tous,
clairement et démocratiquement définies (cela s’appelle des lois) et, elle se doit de protéger ce
marché de ceux qui ne respecteraient pas ces règles. À chacun d’adhérer ou pas à cette union selon
qu’il accepte ou pas ces règles.
Cela nous amène
donc à nous interroger sur la nature de l’Europe que nous souhaitons ; sur ce que nous sommes prêts
à accepter.
(1) Pour maintenir la part des salariés au niveau
de 1982 dans le partage de la richesse produite, la rémunération des salariés devrait donc être de
(63,27%/ 84,66)* 92,96 = 69,47% de la VAB. Là, on est à 11,87 points de perte !
@Jean G. Edité par Le Messager, le 28/03/09 à 22:01 | Commenter l'article546 g 7 commentaire(s)g Lire les commentaires
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Sciences et Techniques
Journal Officiel du 14 juin 2003

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