En ce temps-là, la guerre
des gangs faisait rage entre bandes rivales. Les arsouilles du Neuf Trois provoquant celle de Nico
la banane, un demi-sel qui tenait sa cour des miracles dans le Faubourg Saint Honoré. Les
arsouilles vendaient du hakkik, brûlaient les carrosses par milliers quand l’envie leur en prenait,
et rançonnaient quelques bourgeois pour leur soutirer la bourse..
___________________________ Ecrit le 25.05.2009 ___________ Par Pangloss _____
Nico
la banane ne supportait pas que quiconque rançonnât à sa place : c’était son privilège. Il avait
supprimé l’impôt pour ses amis, les riches barons de sarkosie, et détroussait les millions de
petites gens au moyen des taxes et prélèvements (c’était le nouveau nom de l’impôt). Il les
rançonnait tout autant sur les routes, où il mettait en embuscade ses milliers de gendarmes, pour
percevoir le nouvel impôt routier : le R.A.D.A.R Rançon Automatique De l’Arnaque Routière. Ce qui
expliquait que lesdits gendarmes fussent sur les routes, à terroriser sans risque les paisibles
conducteurs, plutôt que dans le Neuf Trois, à pourchasser les apaches dont ils avaient si
peur.
Il y avait eu grand bruit
dans Landerneau, après une embuscade où des apaches avaient arrosé au fusil-mitrailleur, et à bout
portant, quatre argousins du Fourbe sans en toucher un seul. On s’étonnait bien que les apaches
arquebuseurs fussent tant maladroits, au point de flairer quelque mise en scène d’une insécurité
aux forts relents sécuritaires… C’est qu’en dépit des rodomontades du Fourbe, la violence explosait
au grand jour. On voyait les effets du sarkocircus sécuritaire : quelques grandes opérations menées
par des milliers d’estafiers, à l’aube et précédées de fanfares et de gazetiers, et retransmises en
direct, ce qui permettait au Fourbe de prendre des poses terribles, et aux gros requins apaches de
mettre à l’abri… Le filet du sarkocircus ne ramenait que quelques goujons égarés. Et les requins
ressortaient dès que le Fourbe était revenu dans ses beaux quartiers. Dans l’urgence, on
réinventait bien l’eau tiède, en installant dare-dare et la queue basse, des argousins dans les
quartiers, ceux-là même que le Fourbe avait supprimés. Mais le mal était fait, et il faudrait des
décennies pour tenter de réparer ce que l’incompétente arrogance sarkosienne avait mis à
bas.
Le GIGM (le Groupe d’Intervention Gendarmique des
Maternelles) avait arrêté deux dangereux malfaiteurs de six et dix ans, coupables présumés de
brigandage et de volerie de bicyclette ! Et il n’avait pas fallu moins de deux coches et six
argousins armés pour appréhender les redoutables forcenés à la sortie de l’école. Mais, devant le
trouble qui assaillait même les Papistes, Dame Alliot-Marie avait dû avaler au moins trois
parapluies pour venir expliquer, avec fermeté et détermination, qu’on ferait une
enquête…
Devant le choix européen, le bon docteur
Koukouchner minaudait en simulant un choix cornélien : Mais pour qui donc vais-je voter ? Pour les
Huguenots, ou bien pour le Fourbe, mon maître ? Du haut sa Tour d’Aquitaine, le Beau Juppé l’avait
cinglé de sa mercuriale, disant que, puisqu’il s’était vendu corps et âme au Fourbe, il ne pouvait
suivre deux maîtres, et que par conséquent, il bêlerait de concert avec les moutons de Panurge. Ce
que le bon Koukouchner avait fait, toute honte bue, étant mouton moutonnant. Mais, ce faisant, le
Beau Juppé d’Aquitaine se posait en Mentor vigilant des Papistes, pour être, le moment venu, leur
ultime recours.
Nouveau caprice du Fourbe, il
voulait à tout prix racoler Claude Allègre, le pachydermique chasseur de mammouths pour en faire un
ministre à sa botte. Ce qui faisait grincer des dents les Moutons de Panurge, grognassant qu’avec
toutes ses lubies d’ouverture, et sous prétexte d’agacer les dents des Huguenots, il les
débarrassait de leurs détritus et de leurs peaux mortes dont ils ne savaient que
faire.
A ce train-là, il ne resterait bientôt plus que Cher Jack,
attendant sur le quai, une valise dans chaque main, que le Fourbe vînt le chercher. Oh, il ne
demandait rien…mais acceptait par avance le plus petit strapontin, pourvu qu’il eût un titre, un
carrosse avec chauffeur, et des émoluments.
Dans le camp Huguenot, la Rose du Poitou parlait trop, celle du Ch’Nord
pas assez. L’une dans l’autre, cela pouvait faire la moyenne. Mais le Peuple était las de ces
querelles d’apothicaires qui faisaient le jeu du Fourbe. Il n’y avait point que le beau Juppé
d’Aquitaine à être aux aguets.
De sa tour d’ivoire
américaine, le baron Strauss-Kahn clignait de l’œil, attendant lui aussi son heure. Tout comme le
Duc d’Aquitaine, il attendait que les choses empirassent. Le Fourbe pensait s’en être débarrassé à
bon compte ? Rirait bien qui rirait le dernier…
Invitée à
bachoter sur l’Europe devant les étranges lucarnes, la baronne Rachidati avait fait merveille,
minaudant et s’esclaffant à chaque question que lui posaient les jeunes Moutons de Panurge,
pourtant bien peu inquisiteurs dans la présentation du catéchisme sarkosien. Au point que l’on
soupçonnait quelque excès d’eau ferrugineuse, à moins qu’elle n’ait abusé de ce champagne dont elle
gardait jalousement les seaux. Cela avait vite tourné à la pantalonnade, au point que les chantres
de la sarkosie, consternés, avaient dû inventer quelque fable pour redorer leur image. Dom Xavier
Bertrand avait même du tonner du haut de sa chaire Umpine pour dénoncer l’acharnement du Peuple à
lyncher cette Rachidati tant méritante, qui avait de si beaux yeux, de si grandes dents, et qui
portait si bien la toilette et les bijoux ! Tous des jaloux !
Le lynchage ? Pourtant, Dom
Xavier Bertrand en était un expert, qui, vingt fois par jour, lançait ses dogues et ses soudards
sur la Huguenote, dans une curée perpétuelle. De tout ce charivari, Rachidati n’en avait cure,
savourant chaque instant de cette fête perpétuelle où elle prenait voracement ses revanches, avec
une faim de louve que rien ne pourrait rassasier. Elle était exilée à Bruxelles ? La belle affaire
! Elle s’en riait ! Comme Place Vendôme, elle étalerait triomphalement son incompétence, ayant
toujours à sa botte quelques besogneux forts en thème, bardés de vrais diplômes, pour faire la
besogne à sa place.
Après avoir
successivement tricoté des chaussettes pour Deubeulyou d’Amérique, le Tzar Poutine, des demi-bas
pour le Demi-Tzar Medvedev, des socquettes pour le Sultan Kadhafi de Tripolitaine et quelques
autres tyranneaux, et toute une culotte de mailles pour l’Empereur de Chine, il tricotait
maintenant des bas résilles pour la Kanzlerin Angela. Mais l’important, c’était de
tricoter.
Aux dernières nouvelles
le gouvernement annonçait que la France était entrée en récession. Cela faisait pourtant plus d’un
an que les Français s’en étaient aperçus. Dame Lagarde annonçait doctement qu’on allait sortir
graduellement de cette récession, et qu’elle apercevait déjà le bout du tunnel. Mais, comme le fût
du canon, cela prendrait un certain temps…
La finale de foutbole avait vu la Bretagne affronter la Bretagne.
Terrifié à l’idée d’affronter la bronca des Bretons, il s’était d’abord défilé, prétextant quelque
urgence. Puis, pressé de toutes parts par ses moutons bêlants qui pressentaient un schisme
bretonnant, il s’était ravisé. Il fallait en passer par là… Mais commet faire rentrer les dix mille
gendarmes de sa garde rapprochée, sans laquelle il ne se déplaçait plus, dans un stadium plein à
craquer de quatre vingt mille bretons sanguinaires, et foutboleurs frénétiques de surcroît !!! Il
fallait pourtant se résoudre à y entrer seul… Quelques instants avant d’entrer dans la fosse aux
lions, il était allé faire le beau devant les étranges lucarnes de Dame Chabot, en prenant des
poses de bravache. Puis, la mort dans l’âme, le Fourbe était entré dans la tribune
officielle.
On l’avait vu, diaphane et transparent, d’une inhabituelle timidité de violette,
décliner l’invitation, comme c’était l’usage, à venir complimenter les foutboleurs : Surtout ne
changez rien, faites comme si je n’étais pas là… d’ailleurs, je ne suis pas là, incognito, ni vu,
ni connu…Surtout pas l’annonce de ma présence! Au moindre rugissement foutbolistique, il
blêmissait, se voyant déjà le cul nu et fessé en public par quatre vingt mille bretons, guettant le
moindre signe d’émeute pour s’engouffrer vers la sortie, là où l’attendaient les quelques milliers
d’argousins et gendarmes de sa garde noire. Lesdits bretons, tout à leur joie, avaient bien
d’autres berniques à fouetter. Ils fesseraient le Fourbe dans les urnes, le moment
venu.
Les Moutons de Panurge
s’estrancinaient à l’approche des Européennes, sentant un vent coulis qui leur glaçait les sangs.
La sarkopropaganda claironnait bien qu’ils étaient majoritaires, puisqu’en raclant les fonds de
tiroir et en racolant quelques traîtres renégats, leur troupeau rassemblé faisait 28%, alors que
tous les autres, dispersés en d’innombrables querelles de clochers qui divisaient les églises en de
multiples chapelles, lesquelles chapelles se divisaient à leur tour en absidioles, lesquelles
absidioles…Ad Libitum, Ad Nauseam, faisaient le jeu du Fourbe en boudant chacun dans sa faction.
Mais l’argument était à double tranchant. Car, même en racolant les électeurs du Grand blond avec
deux bottes noires, dont il appliquait la politique, le Petit Brun avec des talonnettes révélait au
grand jour que plus de sept Français sur dix étaient résolument contre la sarkosie et ses délires
sécuritaires, et qu’il était minoritaire. Ici et là, quelques Papistes feignaient de s’indigner de
tout ce mépris et de cette colère qui montaient dans le Pays, martelant que le Fourbe était
légitime et qu’il fallait en passer par ses fourches caudines. Légitime ? Mais où était la
légitimité, dans une parodie d’élection où les cartes avaient été truquées, dès le départ, par les
gazetiers complices qui savaient Tout du Fourbe, mais n’avaient Rien dit.
Tous les
Philippe Ridet de France et de Navarre, dont le déshonorant et coupable silence avait dupé ces
quelques millions de pauvres diables qui, ainsi abusés et croyant aux promesses du Fourbe, avaient
donné le pouvoir à leur pire ennemi. Ils s’en mordaient les doigts, maintenant, et reprenaient leur
vote en parlant de magouille journalistique et d’abus de confiance sarkosien. Le Fourbe usurpateur
n’en avait cure, qui se cramponnait, bec et griffes, à ce pouvoir volé qui lui autorisait toutes
les outrances.